L'automne est une saison que j'apprécie particulièrement surtout quand on a un automne aussi beau que celui de cette année. Ce jour la, un de mes amis m'a proposée de l'accompagner en foret, pour y chercher des champignons et des châtaignes, mon chéri ayant un déménagement à faire et n'ayant pas envie de rester enfermée chez moi.
Ce fut une excellente idée malgré ma fatigue en rentrant. A croire que la forêt nous régénère. Imaginez un peu cette journée :
- Oh ! Olivier, viens voir ! J'ai trouvé un superbe champignon !
Celui-ci arrive rapidement, en trottinant, se penche puis sourit, un rien moqueur :
- C'est un vénéneux, Marie! N’y touche pas surtout !
- Oh zut...C'est vraiment dommage car je le trouvais vraiment beau avec sa couleur orange et ses petits points blancs...Tant pis, je vais le prendre, malgré tout, en photo en souvenir!
Durant des heures, ce fut ainsi...A croire que tous les champignons vénéneux n'attendaient que moi et s'ingéniaient à se positionner sur mon passage pour me narguer! Pas un tout petit champignon comestible ne m'attendait ! Je me mordais les lèvres de frustration !
Pendant ce temps, quelques mètres plus loin, Olivier en cueillait à la volée comme si ceux-ci l'attendaient, pour me narguer ! Grrrrr
Olivier partit un instant pour un besoin pressant, je continuais d'avancer dans le sous bois et la, enfin, je tombais enfin sur mon premier bolet ! Un gros, si énorme que je me retenais de rire en le cueillant, imaginant la surprise d'Olivier quand je lui montrerai ma trouvaille...
Ce fut lui, cette fois, qui ouvrit des yeux ronds. J'étais fière comme Artaban ! Enfin la chance venait de tourner. J'en trouvais d'autres, quelques girolles, et d'autres, inconnus, que je photographiais...
Cette journée, bien qu'épuisante, fut extrêmement intéressante. J'appris à découvrir des traces de cerfs, et de sangliers, d'y découvrir leur bauge...Beurk ! Drôle d'amusement de se rouler ainsi dans la boue humide ! Je lançais toutefois derrière moi quelques regards peu rassurés. On distingue tres bien dans le sol humide les empreintes de l'animal. Cet etrange construction est une planque pour les chasseurs qui peuvent ainsi observer les allées et venues des animaux.
Que doit-on faire d'ailleurs si un sanglier nous charge ? Pas de danger, me dit Olivier en riant...il aura plus peur que toi. Humm Je suis restée un peu sceptique...Pas vous ?
Soudain, un coup de fusil me fit sursauter! Ahhhhhhhhhhhhhhh ! Qu'est-ce qui se passe ici?
- Oh ce n'est qu'un chasseur qui vient de tirer, répondit en riant Olivier. Olivier est toujours en train de rigoler...Quand à moi, j'avoue que je riais jaune à ce moment là...Il ne manquerait plus que l'on se prenne une volée de plombs dans les fesses!
- Heu, dis moi, ce n’est pas dangereux de rester ici ?
- Mais non, ils chassent à quelques kilomètres. D'ailleurs j'ai vu un panneau rouge sur la route en l'entrée d'un chemin forestier indiquant qu'il y avait une battue, plus loin...On ne risque rien.
- Ouf !
Bon, notre panier étant assez rempli, nous décidâmes d'aller chercher ensuite des châtaignes. La, ma formation pour les trouver fut plus rapide mais ne manqua pas de piquant...
Je commençais par apprendre à reconnaitre quelques arbres : un chêne, un peuplier, un châtaigner, un noisetier, etc...grace à leurs feuilles bizarres que je photographiais.
J'ai appris quelque chose qui m'intriguait. Comment reconnaitre un marron d'une chataigne ? Sur le marron, les piquants sont peu nombreux et moins piquants. Par moment, quelques châtaignes nous tombaient sur la tête ! Aïe ! Certaines encore bien protégées dans leur cangue verte, nous attendaient avec leurs piquants :
- Aie ! Ouille ! Mais ça pique vraiment, ronchonnais-je en me frictionnant le bout des doigts. Comment cela se faisait-il qu'Olivier ne dise rien ? Ses doigts étaient si endurcis ? Même pas ! Je l’observais à la dérobée pour voir comment il s’y prenait.
Ce petit malin avait pris une paire de gants, bien épais, comme ceux que l'on voit chez les garagistes pour se protéger sans rien me dire et devait jubiler en m'entendant crier ! Grrrrr !
La cueillette de châtaignes ne s'arrête pas qu'à ça. Il faut avancer sous les branches qui tentent de vous griffer le visage, et vous attrapent par les cheveux, pareilles à des sorcières ! Il faut faire attention où vous posez le pied sous peine de basculer les fesses dans un fossé rempli de feuilles mortes voire d'eau croupie. Il faut penser à bien soulever vos pieds tout en avançant, pour éviter les ronces, à esquiver les morceaux de bois sec qui viennent vous taper dans les tibias. S’accroupir, se relever, tendre la jambe, sauter un fossé…En fait, c'est une véritable gymnastique que l’on fait sans s’en douter ! Et c'est très revigorant !
Bref, cette balade fut un vrai sport puisque nous avons parcouru une bonne dizaine de kilomètres dans cette forêt, en soufflant parfois comme des phoques essouflés !
En dépit de ces petits ennuis, le paysage est quelque chose que je ne regrette pas. Une multitude de petits bruits qui jaillissent à l'improviste, vous font tressaillir puis vous font sourire...Par précaution toutefois, je m'étais munie d'un solide bâton de bois, prête à défendre chèrement ma vie au cas où un pervers se dirigerait vers moi...Je sais l’endroit que je viserai : les tibias ! Histoire de décourager celui qui oserait m'attaquer !
Bien sur, cette idée fit rire à nouveau, Olivier qui me dit pour me rassurer que si un individu arrivait, lui filerait sans demander son reste ! Oh le pleutre ! Je faillis lui mettre un coup sur la tête, tant j'étais stupéfaite de sa réaction ! Bien sur, il plaisantait sinon je l'aurai bastonné !
La forêt, c'est quelque chose de superbe à découvrir. Les bucherons taillent régulièrement les bois mort, dégagent le sous bois pour que la lumière pénètre dedans, alignent leurs rondins de bois, de façon rectiligne...De plus, cela sent bon l'humus et la terre fraiche...
En bref, malgré quelques crampes dans les cuisses, j'ai adoré cette balade en forêt et ai décidé d'y retourner jeudi s'il fait beau...
Je vais vous dire un secret : Il va pleuvoir durant quelques jours et après les champignons jailliront du sol, à nouveau, encore plus beaux...Qu'ils soient comestibles ou vénéneux, il faut reconnaitre que ces champignons sont superbes à admirer en photos !
Une dernière remarque. Si en forêt, vous entendez les oiseaux chanter ou crier, vous n'en verrez aucun, en cette saison. Ils restent cachés sous le feuillage touffu des arbres. Voici un oiseau que l'on ne voit qu'en hiver dans la Marne : le joli Tarin des Aulnes.
C'est donc, les poumons remplis d'oxygène et les joues rosies par cette journée en forêt, que nous avons pris le chemin du retour, en nous partageant notre cueillette...
Merci Olivier pour cette sortie bien agréable en forêt marnaise !
3/10/09
Marie51
Retour