REIMS ET LE QUARTIER FOYER REMOIS (51100)

par "Marie51"




· Comme il faisait ce jour là, j’avais décidé d’aller me promener dans quelques villages marnais, pour les photographier. Je m’étais arrêtée à Berru, puis à Caurel, ou j’étais revenue ravie de ma moisson de photos, toutes plus belles les unes que les autres. Pour la première fois j’avais même réussi à prendre une hirondelle en gros plan!
· Revenue plus tôt que prévu à Reims, je décidais de retourner dans le premier quartier ou j’avais fait mes premiers pas et où j’avais passé mon enfance, chez mes parents nourriciers, Mr et Mme LAMY Paul et Alice, qui m’ont élevée comme leur propre fille, dans la rue des Bons Enfants, au N°36 puis au N°46.
· Tout avait changé ! Le quartier avait pris un vrai coup de neuf. Les petites maisons particulières avaient subi un véritable coup de ravalement sur leurs murs. Les rues et trottoirs étaient enfin goudronnés. Je me dirigeais vers le Chemin Vert, au cœur du quartier.
· Cette grande place était autrefois remplie de nombreux sapins que j’aimais escalader et ou je sautais de branche en branche. Il est vrai que les films de Tarzan m’avaient terriblement influencée, faisant le désespoir de ma nounou, affolée, qui n’osait aller monter, derrière moi, me tançant vertement de descendre, sous peine de martinet Enfant, je rêvais d’être un oiseau, le plancher des vaches ne m’inspirant guère alors que tout m’attirait irrésistiblement vers l’immensité du ciel Peut-être qu’à cause de mon prénom, je me prenais-je pour un ange ?
· La Cite-Jardin du Chemin Vert est l’une des plus importantes citées –jardins conçues par Jean-Marcel Auburtin en 1920.
· Des maisons jumelles de style alsacien offraient 617 logements locatifs aux ouvriers. Construites à l’initiative du Foyer Rémois, société d’habitations à bon marché, elles étaient accompagnées de magasins et de services sociaux novateurs, dans le bas du quartier.
· L’église Saint Nicaise témoigne des années 1920 par son décor intérieur confié à de grands artistes de l’époque Art Déco : Maurice Denis, René Lalique, Gustave Jaulmes, Jean Berque, Roger de Villiers et Emma Thollier.
· L’église St Nicaise porte le nom de l’évêque rémois Nicaise, martyrisé en 407, par les Vandales, sur le seuil de la Cathédrale.
· C’est dans cette petite église que j’ai été baptisée. Ma marraine s’appelait Violette. Elle était une amie de ma vraie mère. Malgré toutes mes recherches, ne connaissant pas son nom de famille, je n’ai jamais pu la retrouver. Mais peut-être que sur mon certificat de baptême, son nom sera indiqué ? Je reste persévérante dans mes recherches.
· Sur le parvis de l’église, quand il y avait un baptême, ou un mariage, les adultes nous lançaient des poignées de bonbons ou de dragées. Je ne vous dis pas la mêlée de mômes soudain déchainés, qui jouaient des coudes, que l’on soit fille ou garçons, pour les ramasser. Les communions se faisaient à la Cathédrale dans de longues aubes blanches, fraichement repassées, nous faisant ressembler à de jeunes vestales virginales.
· L’architecte qui s’occupa de la construction de l’église est Jean-Marie Auburtin (1924). Une plaque lui est dédiée en souvenir, fixée sur le mur de l’église, juste à droite de la porte d’entrée.
· Ce quartier à l’époque, me paraissait immense. Souvent je craignais de m’égarer.
· La Maison Commune du Chemin Vert nous servait de salle de cinéma. Derrière, il y avait une salle ou l’on tentait de m’enseigner le catéchisme. Je n’osais avouer à ma famille nourricière que j’y allais surtout pour les délicieuses dragées que le curé me donnait en récompense de mon assiduité.
· Dans le bas du quartier, appelé le Foyer Rémois, il y avait divers commerçants : un petit familistère, un bureau de poste, un coiffeur, une boucherie… Cela nous suffisait amplement et n’avait rien à voir avec les immenses supermarchés que l’on voit de nos jours qui n’ont de cesse de nous ponctionner tout notre argent, en nous appâtant, par des tas de choses superficielles. Mon père Paul devait aller en vélo, jusqu’au café, boulevard Pommery, pour acheter son paquet de tabac.
· Le nom des rues n’a pas changé. La rue des Bons Enfants en hiver était souvent gelée et nous offrait de belles glissades, pour s’amuser. J’ai encore le souvenir que les hivers étaient très rigoureux et que la neige nous remontait au dessus du genou en revenant de l’école ! Que de batailles de neige et de gnons avons-nous partagés, ma sœur Marina et moi.
· C’est émue que je suis repartie, faisant une nouvelle moisson de photos, pour étoffer mes souvenirs d’un passé qui soudain me manque….
· 22/6/09
· Marie51



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