L'HOTELEDEEBEAUVAIS
AEPARIS
(75004)

par "Marie51"



CC BY-SA 3.0 - Photo de Stéphane Touraine

L'Hôtel de Beauvais se situe dans le quartier du Marais, à Paris, dans le 4ème arrondissement, en France. L'Hôtel de Beauvais a été édifié en 1655, dans le Quartier du Marais. Il abrite la Cour administrative d'Appel de Paris. Il est devenu, aujourd'hui, la Cour administrative d'appel de Paris. Il est de style Baroque. Sa construction date de 1654. L'Architecte était Antoine Le Pautre. L'Hôtel de Beauvais accueille, dans ses murs, la Cour Administrative d'Appel de Paris. La Ville de Paris en est propriétaire. Ce site est desservi par la station de métro Saint-Paul.

A Paris, une maison a été donnée à l'Abbaye de Chaalis, en 1243, par Éloïse de Palaiseau. Elle possédait 2 corps de logis, dont l'un était appelé l'Hôtellerie du Faucon. Début XIIIe siècle, les Abbés de Chaalis firent bâtir, sur l'emplacement actuel de l'hôtel, leur « maison de ville », bâtie à l’emplacement de cette ancienne maison, de style Médiéval, dont il reste de belles caves gothiques, sous le fond de la cour de l'Hôtel de Beauvais, qui date du xve siècle. Des modifications architecturales furent apportées, au XVIIIe siècle, par Robert de Cotte puis par Jean-Baptiste de Beausire.

Devenue la propriété de l’épouse de Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances, l'Hôtel de Beauvais fut cédée, le 30 mars 1654, à Pierre de Beauvais. Il fit agrandir le domaine en achetant une maison contiguë. Cette maison de ville cède la place à un hôtel de prestige construit à partir de 1654 par Antoine Le Pautre, premier architecte du Roi, pour Catherine Bellier, épouse de Pierre de Beauvais et 1ère femme de chambre de la reine Anne d’Autriche, pour service rendu. Surnommée Cateau la Borgnesse à cause de son œil divergent, cette roturière, choisie pour sa laideur, (afin que le roi ne s'éprenne pas d'elle) aurait, sur ordre de la reine, dépucelé le jeune Louis XIV alors âgé de 14 ans. Elle gadera le privilège, toute sa vie, de faire partie des premières personnes a assister au lever du roi.

Catherine Bellier était très proche d'Anne d'Autriche, puisque c'est elle qui lui administrait ses clystères, les lavements, ses traitements médicaux usuels à l'époque. Outre le don d'une partie terrain sur lequel s'élèvera l'hôtel particulier, par Fouquet, pour lequel elle jour les espionnes, elle bénéficie de l'arrangement de son mariage avec un marchand drapier anobli. Assez riche toutefois puisque jouissant d'un privilège qui lui permettait de toucher une redevance sur les cadeaux qui entraient et sortaient du château de Versailles, elle finit misérablement sa vie ruinée par le jeu et quelques gigolos. Réputée extrêmement laide et avare, il semblerait qu'elle réussît à récupérer sur ordre du roi, des pierres destinées à la façade du Louvre, et fit concevoir, son hôtel avec des boutiques en façade, de façon à en percevoir les loyers.

Cet Hôtel particulier sur rue, l'architecte est soumis aux contraintes du parcellaire médiéval dont la surface même, avec dix-sept côtés, n'est guère considérable7. Les appartements se développent à l'étage et à l'attique pour éviter cette promiscuité, ce qui incite Catherine Bellier, qui sait la fragilité de sa position à la cour, à faire ajouter 4 boutiques, au rez-de-chaussée, afin de lui assurer des revenus. Occurrence rarissime, dont le modèle serait le Palais Caprini, cet hôtel présente ainsi 4 arcades à boutique (surmontées d'un entresol ayant servi de logements et couronnés de mascarons qui sont des faux de 2001). Elle fait orner les métopes de la frise de la façade de têtes de lion et de têtes de bélier, celles-ci se voulant des emblèmes allusifs du roi et de son nom de jeune fille.

C'est de son balcon, que la reine-mère, Mazarin et Turenne assistent, le 26.08.1660, date de l'inauguration, à l’entrée dans Paris de Louis XIV et de Marie Thérèse, pour fêter leur mariage. Françoise d’Aubigné qui s’y trouvait, vit, pour la 1ère fois de sa vie, son futur mari et souverain. Le porche est surmonté, des armes de France, en souvenir de la journée du 26.08.1660.

Le Troyen Jean Orry rachèta l'Hôtel de Beauvais, en 1706. Orry fit fortune dans la fourniture aux armées, depuis 1697, avant de devenir Conseiller du roi. Louis XIV le délèguera, à Madrid, de 1701 à 1706, pour assister le Duc d'Anjou, appelé sur le trône d'Espagne. C'est lui encore que Philippe V rappelle outre-Pyrénées, de 1713 à 1715, pour en faire son véritable premier ministre. Son fils, Philibert Orry, naquît en 1689. Protégé du Cardinal Fleury, sous la minorité de Louis XV, il devint Contrôleur général des Finances et Surintendant des bâtiments du roi, durant 15 ans, de 1730 à 1745. Décédé, sans descendance, en 1747, son neveu, le poète Louis Philibert Orry qui héritera de tous ses biens, par substitution, biens qu'il dilapidera.

En 1763, l'Hôtel de Beauvais fut loué par le Comte Maximilien Emmanuel Franz van Eyck (1711-1777), Ambassadeur de l'électeur de Bavière, qui y installera un tripot en application de son droit d'extraterritorialité et des plein pouvoirs du roi, donnés en Octobre 1755. Van Eyck avait épousé Maria Anna Felicitas (1741-1764), qui était la fille du premier chancelier de Salzbourg, le Comte Georg Anton Felix von Arco. La jeune femme, que le jeune Mozart aimait, remarquablement, et lui rendait bien, mourut le 6.02.1764. Il y a une plaque commémorative sur le mur renard de l'hôtel.

Il y accueillit, pendant 6 mois, la Famille Mozart, pour la première tournée parisienne de sa tournée européenne. Accompagné de son père Léopold Mozart et de sa sœur Maria-Anna, le jeune Wolfgang est alors âgé de 7 ans et est trop petit, pour voir le jardin suspendu, au-dessus des stalles prévues pour 18 chevaux, dans la cour de l’hôtel. Les Mozart sont logés au 2ème étage, du 18.11.1763 à 04.1764. L'occupant des lieux fait transporter le clavecin de la Comtesse dans la chambre des Mozart.

Saisi durant la Révolution Française, les filles de van Eyck ayant émigré, et transformé en bureau de diligences, l'Hôtel de Beauvais fut ensuite loué et modifié, pendant tout le XIXe siècle et au début du XXe siècle. Christine de Suède y séjourna durant son exil.

Lors de sa visite officielle à Paris, le roi Pierre Ier de Serbie, en novembre 1911, demanda à visiter l'Hôtel de Beauvais. Il y fut accueilli, par des locataires enthousiastes et applaudi aux fenêtres.

Racheté 200 000 Francs, par la Mairie de Paris, en 1943 à la famille Simon, il devint, à la Libération, un immeuble de logements locatifs, couvert par la loi de 1948, occupé jusqu'en 1985/1986. Il est laissé à l'abandon et fait l'objet de nombreux projets, dont celui de devenir un Institut des Parfums de France.

Après avoir été restauré, sous la direction de Bernard Fonquernie, Architecte en chef des Monuments Historiques, et remis dans son état initial par la suppression des découpes d’étage, destinées à améliorer la rentabilité locative, en 2004, il accueillit, la Cour Administrative d’Appel de Paris.

Les contraintes du terrain exigu, à 15 côtés, donnèrent un caractère insolite à cet hôtel. Le terrain de forme irrégulière a imposé un plan original, à la cour semi-ovale. Les 5 portes à mascarons, petits masques décoratifs, correspondent aux anciennes écuries. L'escalier en pierre et à rampe en fer forgé est remarquable. On remarquera la porte principale, avec son dessin courbe et sa porte, plus petite, réservée aux piétons.


Il existe, sous la cour, entièrement construite sur les voûtes, des caves vidées de leur gravats en 1970, par les bénévoles de l'association du Paris Historique et du Festival du Marais qui avait ses locaux au rez-de-chaussée et au 1er étage. En 1974, ces caves gothiques servirent de Café Théâtre, pour la première fois, dans le cadre du Festival du Marais, après une restauration sommaire et provisoire. Une seconde série de caves gothiques, actuellement, inaccessibles depuis la rénovation de l'hôtel, auraient permis une communication avec celles d'un immeuble, de la rue de Jouy, face à l'Hôtel d'Aumont. Sous la cour, se trouve une vaste salle ou subsistent les restes d'un ancien autel, vestige des occupants ecclésiastiques, des locaux précédents.

Du fait de sa conformation et de sa cour, en forme de théâtre, l'Hôtel de Beauvais apparaît dans les films français, dont la La Banquière (1980), et L'Insoutenable Légèreté de l'être (1988).

Adresse : L'Hôtel de Beauvais - 68 rue François-Miron à Paris 75004


Site web : Cour Administrative d'Appel
Coordonnées par GPS : 48° 51' 19,3" Nord, 2° 21' 30,09" Est

Article mis à jour le 20.06.2023

Marie51



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